Grâce à une promo sur un site de vente de manga en ligne j'ai investi dans la série Gunslinger Girl collector (mais je n'ai pas encore vu l'animé!) et je dois dire que je suis ravie de l'avoir fait! J'ai eu un peu de mal au début (surtout pour reconnaitre les personnages) mais me voici au tome 4 et j'accroche totalement avec cette série, qui est desormais dans mon top 5 des sorties actuelles.

Gunslinger Girl raconte l'histoire d'une organisation gouvernementale italienne qui pour combattre le crime organisé utilise des cyborgs aux visages enfantins manoeuvré par des hommes (fratellos).

Qu'est ce qui rend ce manga pauvre en action (hé oui c'est un manga sur des tueuses mais sans trop d'actions, un peu comme Noir finalement!) envoutant?

Pour moi c'est sans hésiter son atmosphère, cet espèce de malaise que la mangaka, Yu Aida, a si bien su faire ressortir de son oeuvre! On est mal à l'aise devant le concept d'enfants tueurs (surtout avec leurs bouilles angéliques), on est révulsé par le passé de ces petites filles (car avant d'être transformées en cyborgs elles étaient des enfants ayant vécu de très grands drames). On en vient alors à ce demander ce qui est le mieux pour ces enfants, leur présent de tueuses en ayant oublié les horreurs de leur passé ou bien leur vie de petites filles gachées par la cruauté des hommes.

Ensuite il y a les fratellos. Les relations des "grands frères" envers leurs "petites soeurs" sont toutes très différentes: Jose gâte Henrietta alors que Jean bat Rico... Alors qu'on s'attendri sur les petites on pourrait haïr ces hommes qui les utilisent comme des armes mais non car tous semblent avoir un passé abimé qu'ils tentent de réparer avec ces petites filles!
Les sentiments que les fillettes (adolescentes plutôt) nourrissent pour leur "grands frères" ne sont pas très clairs non plus, totalement dépendantes, dévouées leur univers ne semblent tourner qu'autour de leur instructeur. On ne sait pas trop quel genre d'amour elles leur portent ni si cet amour est "volontaire" ou s'il est dû au traitement qu'elles reçoivent? Là encore c'est étrange, malsain.

Parfois, lors des rares scènes de combat, on est horrifié par la violence dont font preuve les fillettes, et là leur statut de cyborg prend tout son sens. Alors qu'un instant avant elles semblaient être de parfaites petites filles les voilà qui tuent de sang froid puis quelques secondes plus tard les voilà revenues d'adorables enfants préoccupées par leurs nounours, leurs jardins ou leurs lectures. Pendant ce laps de temps le lecteur les regarde sous un autre oeil comme s'il ne les reconnaissait pas, et une fois de plus le malaise s'installe...

Bref pour moi Gunslinger Girl est un excellent titre! On ne sais pas vraiment où il nous porte mais on le suit sans hésiter....

Un petit blinky, fait par mes soins:

gg

La couverture française du tome 1 issu du site de l'éditeur Asuka:

87

Bonne lecture!